Un médecin radiologue libéral encaisse 380 000 € de bénéfices nets via sa SELARL. S'il les sort en revenus personnels, il paie 45 % d'IR au tranche marginale, soit 171 000 € d'impôt et 60 800 € de charges sociales. S'il les capitalise dans une SPFPL à l'IS, il paie 25 % d'IS, soit 95 000 €. L'écart annuel atteint 136 800 €. Sur 10 ans capitalisés au régime mère-fille, c'est 1,7 million d'euros de patrimoine en plus.
La SPFPL (Société de Participations Financières de Professions Libérales) est la holding dédiée aux médecins, avocats, notaires, experts-comptables, kinésithérapeutes et vétérinaires. Créée par la loi n°90-1258 du 31 décembre 1990, elle reproduit, dans le cadre déontologique des professions réglementées, la mécanique de la holding patrimoniale classique : capitalisation à l'IS, régime mère-fille à 95 %, accès au crédit Lombard, préparation de la cession ou de la transmission du cabinet.
Selon l'INSEE, la France compte plus de 1,1 million de professionnels libéraux en 2024, dont 230 000 médecins et 73 000 avocats. Pour les patrimoines à partir de 500 000 € d'actifs investissables, la SPFPL devient un véhicule patrimonial central, parfois combiné à une assurance-vie luxembourgeoise et à des fonds de private equity.
Points clés :
- La SPFPL permet de capitaliser les bénéfices d'exercice à l'IS (15 % puis 25 %) au lieu de l'IR (jusqu'à 45 %) et bénéficie du régime mère-fille à 95 % sur les dividendes remontés depuis la SELARL ou la SELAS.
- Les professions éligibles sont les professions libérales réglementées soumises à un ordre ou à une autorité de contrôle : médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, infirmiers, kinésithérapeutes, sage-femmes, vétérinaires, avocats, notaires, huissiers, commissaires de justice, experts-comptables, géomètres-experts, architectes.
- Condition de contrôle : la SPFPL doit détenir au moins 50 % des droits de vote de la société d'exercice, et la majorité du capital doit appartenir à des professionnels en exercice (article 5-1 de la loi de 1990).
- Coût de création : 2 000 à 4 000 €. Frais comptables annuels : 2 500 à 5 000 €. L'équilibre coût/bénéfice est atteint dès 80 000 à 100 000 € de dividendes annuels remontés.
Communication à caractère promotionnel. Les stratégies présentées sont à titre informatif et ne constituent pas un conseil personnalisé. Investir comporte des risques notamment de perte en capital. Finary, Entreprise d'Investissement agréée par l'ACPR n°19283 (ORIAS n°21001279).
SPFPL et Finary One
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Cas d'étude : comment ce médecin radiologue libéral structure sa SELARL et sa SPFPL pour viser 10 millions d'euros de patrimoine en 30 ans.
Qu'est-ce qu'une SPFPL ?
Une SPFPL est une société holding dont l'objet exclusif est de détenir des participations dans des sociétés d'exercice libéral (SEL) et de gérer ces participations. Elle est réservée aux professions libérales réglementées et soumise à des conditions strictes de contrôle par des professionnels en exercice.
L'enjeu est double : reproduire la mécanique d'optimisation fiscale d'une holding classique, tout en respectant les règles déontologiques des ordres professionnels qui interdisent que des tiers non professionnels prennent le contrôle d'un cabinet médical, juridique ou comptable.
Cadre légal et historique
La SPFPL est créée par la loi n°90-1258 du 31 décembre 1990 relative à l'exercice sous forme de sociétés des professions libérales soumises à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé. Le décret n°92-704 du 23 juillet 1992 fixe les modalités d'application.
Le cadre a été renforcé par :
- La loi Macron du 6 août 2015, qui élargit l'accès aux SPFPL interprofessionnelles et permet à plusieurs professions juridiques et judiciaires de partager une même structure.
- L'ordonnance n°2023-77 du 8 février 2023, qui réforme et clarifie le régime des sociétés d'exercice libéral, applicable depuis le 1er septembre 2024.
- Les articles L.5125-1-1 et suivants du Code de la santé publique pour les professions médicales et paramédicales.
Selon la BOFiP, la SPFPL est juridiquement assimilée à une société commerciale classique soumise à l'IS, ce qui lui ouvre l'accès au régime mère-fille des articles 145 et 216 du CGI.
Différence avec une holding patrimoniale classique
La SPFPL et la holding patrimoniale classique partagent une mécanique fiscale identique (IS, régime mère-fille, mère-fille à 95 %), mais diffèrent sur quatre points structurants :
- Objet social restreint : la SPFPL ne peut détenir que des titres de SEL ou des participations dans d'autres SPFPL. Une holding classique peut détenir tout type de société.
- Contrôle par des professionnels : plus de 50 % des droits de vote de la SPFPL doivent appartenir à des professionnels en exercice dans la SEL contrôlée.
- Agrément ordinal : la SPFPL est soumise au contrôle de l'ordre professionnel concerné, qui peut refuser ou retirer son inscription.
- Encadrement déontologique : la SPFPL ne peut pas exercer elle-même l'activité libérale ni se transformer en société opérationnelle sans accord de l'ordre.
Professions libérales éligibles
Le périmètre des professions éligibles est large et couvre quasiment toutes les professions libérales réglementées :
- Professions de santé : médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, sage-femmes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes, orthoptistes, vétérinaires.
- Professions juridiques et judiciaires : avocats, notaires, huissiers (commissaires de justice depuis 2022), administrateurs et mandataires judiciaires, conseils en propriété industrielle, avocats au Conseil d'État et à la Cour de cassation.
- Professions techniques et du chiffre : experts-comptables, commissaires aux comptes, géomètres-experts, architectes.
Selon l'INSEE, les professions libérales représentent 26 % des entreprises créées en France en 2024 et concentrent une part significative des hauts patrimoines actifs, ce qui en fait une cible naturelle pour la structuration en SPFPL.
Pourquoi créer une SPFPL ?
La SPFPL répond à quatre objectifs patrimoniaux pour le professionnel libéral : optimiser la fiscalité courante, faciliter l'acquisition d'autres cabinets, préparer la cession ou la transmission, et diversifier le patrimoine au-delà de l'activité libérale.
Capitaliser à l'IS (25 %) plutôt qu'à l'IR (jusqu'à 45 %)
C'est l'avantage le plus visible. Un médecin libéral exerçant en SELARL paie l'IR sur ses rémunérations et l'IS sur le bénéfice non distribué. S'il distribue tout en dividendes, ces dividendes sont soumis à la flat tax de 31,4 % en 2026 (rehaussée par la LFSS 2026 et applicable aux plus-values mobilières réalisées depuis le 1er janvier 2025).
Avec une SPFPL interposée, les dividendes remontés de la SELARL bénéficient du régime mère-fille avec 95 % d'exonération. Le taux effectif d'IS sur ces dividendes tombe à 1,25 %, contre 31,4 % en distribution personnelle directe.
Selon les barèmes BOFiP 2026, l'IS s'applique au taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfices pour les PME, puis 25 % au-delà. Pour un médecin radiologue qui capitalise 200 000 € de dividendes par an :
- Distribution directe en personne physique : 200 000 € x 31,4 % = 62 800 € d'impôt.
- Via SPFPL au régime mère-fille : 200 000 € x 5 % x 25 % = 2 500 € d'impôt.
- Économie immédiate : 60 300 € par an, à capitaliser et faire fructifier.
Régime mère-fille : 95 % d'exonération sur dividendes
Le régime mère-fille codifié aux articles 145 et 216 du CGI exonère les dividendes remontés d'une filiale à sa mère, sous trois conditions :
- La SPFPL détient au moins 5 % du capital de la SELARL ou SELAS.
- Les titres sont conservés pendant 2 ans au minimum.
- La SPFPL et la SEL sont toutes deux soumises à l'IS.
Seuls 5 % des dividendes sont réintégrés au résultat de la SPFPL au titre d'une quote-part de frais et charges. Le taux effectif d'imposition sur les dividendes remontés est donc de 1,25 % (5 % x 25 %), contre 31,4 % en distribution directe ou jusqu'à 45 % en intégration à l'IR.
Préparer la cession ou la transmission du cabinet
Pour un avocat associé qui vend ses parts en fin de carrière ou un médecin qui transmet son cabinet à son successeur, la SPFPL apporte deux leviers :
- Apport-cession 150-0 B ter : l'associé apporte ses titres de SEL à sa SPFPL avant la cession, ce qui place la plus-value en report d'imposition. Détaillé dans notre guide apport-cession.
- Pacte Dutreil : la transmission de titres de SPFPL animatrice peut bénéficier de l'abattement de 75 % sur la valeur transmise, sous engagement collectif et individuel de conservation.
Sur un cabinet d'avocats valorisé 3 millions d'euros, l'utilisation combinée apport-cession + Pacte Dutreil permet de différer la flat tax de 31,4 % sur la plus-value et de réduire les droits de transmission de 1 million à environ 260 000 €.
Diversifier au-delà de l'activité libérale
La SPFPL peut investir dans plusieurs classes d'actifs au-delà des titres de SEL :
- Private equity via FCPR, FPCI ou investissement direct en non coté.
- Assurance-vie luxembourgeoise souscrite au nom de la SPFPL avec triangle de sécurité et fonds dédiés.
- Immobilier d'entreprise via SCI à l'IS filiale de la SPFPL (locaux du cabinet, bureaux, locaux commerciaux).
- Fonds monétaires et obligations pour la trésorerie de groupe à court et moyen terme.
Cette diversification est essentielle car la valeur d'un cabinet libéral est fortement liée à la présence active du professionnel. La SPFPL externalise progressivement la richesse vers des actifs financiers indépendants de l'activité.
Comment créer sa SPFPL ?
La création d'une SPFPL suit un processus en quatre étapes : vérification des conditions de détention, choix de la forme juridique, rédaction des statuts et apport des titres de SEL. L'agrément de l'ordre professionnel est requis avant l'immatriculation au registre du commerce.
Étape 1 : Vérifier les conditions de détention
Les conditions varient selon la profession mais reposent sur trois principes communs issus de l'ordonnance de 2023 :
- Détention majoritaire par des professionnels en exercice : plus de 50 % du capital et des droits de vote de la SPFPL doivent appartenir à des professionnels exerçant dans la SEL contrôlée.
- Contrôle effectif de la SEL par la SPFPL : la SPFPL doit détenir plus de 50 % des droits de vote de la SEL.
- Exercice effectif : au moins un dirigeant de la SEL doit y exercer son activité professionnelle.
Le non-respect de ces règles entraîne la perte d'agrément ordinal et la requalification fiscale de l'ensemble du montage, avec rappel d'impôt et pénalités. La validation par un avocat fiscaliste et un expert-comptable spécialisé est indispensable.
Étape 2 : Choisir la forme juridique
Trois formes principales sont admises :
| Critère | SAS | SARL | SCP |
|---|---|---|---|
| Flexibilité statutaire | Très forte | Encadrée | Encadrée |
| Régime social dirigeant | Assimilé salarié | TNS si majoritaire | TNS |
| Actions de préférence | Oui | Non | Non |
| Coût de création | 2 500 à 4 000 € | 2 000 à 3 000 € | 2 000 à 3 000 € |
| Public privilégié | Grands cabinets, multi-associés | Cabinet individuel | Anciens montages, transmission |
La SAS est aujourd'hui la forme la plus utilisée car elle autorise les actions de préférence, utiles pour anticiper la transmission différenciée entre héritiers ou organiser une cession progressive du cabinet.
Étape 3 : Rédiger les statuts
Les statuts d'une SPFPL contiennent des clauses spécifiques :
- Définition précise de l'objet social, restreint à la détention de titres de SEL et à la gestion de ces participations.
- Clauses d'agrément ordinal et conditions de cession des parts entre professionnels.
- Modalités de contrôle déontologique par l'ordre.
- Éventuelles actions de préférence (uniquement en SAS).
- Conventions de gestion entre SPFPL et SEL (management fees encadrés).
L'intervention d'un avocat spécialisé en droit des sociétés et fiscalité libérale est indispensable. Les frais varient de 1 500 à 4 000 € selon la complexité.
Étape 4 : Apport-cession ou apport en nature des titres SELARL
L'alimentation de la SPFPL se fait généralement par apport des titres de la SEL existante. Trois options :
- Apport en numéraire : la SPFPL acquiert ensuite les titres de la SEL via emprunt bancaire (mécanique d'OBO, Owner Buy-Out).
- Apport en nature : transfert direct des titres de SEL au capital de la SPFPL, générant en principe l'imposition de la plus-value latente.
- Apport-cession 150-0 B ter : apport des titres avec placement en report d'imposition de la plus-value, sous condition de réinvestissement de 60 % dans les 24 mois si la SPFPL cède les titres dans les 3 ans.
Pour un médecin radiologue qui prépare une cession à 5-10 ans, l'apport en nature avec placement en report est la mécanique privilégiée. Pour un avocat qui vient juste de céder, le mécanisme OBO permet de racheter ses propres titres en différant la fiscalité via l'emprunt remboursé par les dividendes futurs.
Fiscalité de la SPFPL
La fiscalité de la SPFPL combine l'imposition à l'IS au niveau de la holding, le régime mère-fille sur les dividendes remontés et le régime des plus-values à long terme sur les cessions de titres. Cette articulation crée un effet de capitalisation puissant sur le long terme.
Imposition à l'IS
La SPFPL est soumise à l'impôt sur les sociétés selon les barèmes BOFiP 2026 :
- 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfices pour les PME (chiffre d'affaires inférieur à 10 millions d'euros, capital détenu à 75 % par des personnes physiques).
- 25 % au-delà de 42 500 €.
Pour la majorité des SPFPL de professions libérales, le taux applicable est le taux réduit à 15 % sur les premiers paliers de bénéfice, ce qui crée un avantage immédiat par rapport au taux marginal d'IR (30 %, 41 % ou 45 %).
Régime mère-fille en pratique
Le régime mère-fille des articles 145 et 216 du CGI s'applique aux dividendes remontés de la SELARL ou SELAS vers la SPFPL :
- 100 000 € de dividendes versés par la SEL à la SPFPL.
- 95 000 € exonérés (95 %).
- 5 000 € (5 %) réintégrés au résultat imposable au titre des frais et charges.
- IS à 25 % sur ces 5 000 € : 1 250 € d'impôt.
- Taux effectif d'imposition : 1,25 %.
Pour bénéficier de ce régime, trois conditions doivent être respectées : détention minimum de 5 % du capital, conservation des titres pendant 2 ans, soumission des deux sociétés à l'IS.
Plus-values à long terme
Lorsque la SPFPL cède des titres de participation détenus depuis plus de 2 ans, elle bénéficie du régime des plus-values à long terme codifié à l'article 219 I a quinquies du CGI :
- Exonération de 88 % de la plus-value.
- Réintégration d'une quote-part de frais et charges de 12 %.
- IS à 25 % sur ces 12 %.
- Taux effectif d'imposition : 3 %.
Pour un médecin qui cède sa SELARL via sa SPFPL avec une plus-value de 2 millions d'euros, le coût fiscal est de 60 000 € (3 %) contre 628 000 € en cession directe à la flat tax de 31,4 %. L'économie est massive.
Cas pratique : le médecin radiologue à 10 millions d'euros
La vidéo présentée plus haut détaille la stratégie d'un médecin radiologue libéral qui structure son patrimoine pour viser 10 millions d'euros sur 30 ans. La SPFPL est le pivot central de la mécanique.
Schéma de capitalisation
Le montage repose sur trois étages :
- Étage 1 : SELARL : société d'exercice libéral qui encaisse les honoraires, paie les charges et distribue les bénéfices après IS.
- Étage 2 : SPFPL : holding qui reçoit les dividendes au régime mère-fille (95 % exonération) et capitalise la trésorerie.
- Étage 3 : Investissements : la SPFPL alloue les liquidités en private equity, assurance-vie luxembourgeoise et immobilier d'entreprise.
Trajectoire chiffrée
Hypothèses du cas pratique :
- 200 000 € de cash dormant initial dans la SELARL.
- 200 000 € de dividendes annuels remontés à la SPFPL au régime mère-fille.
- Allocation 60 % private equity (rendement cible 12 % brut annuel selon France Invest), 30 % AV Lux (rendement cible 6 % net), 10 % liquidités.
- Horizon 30 ans, réinvestissement intégral des plus-values dans la SPFPL.
À horizon 30 ans, la projection atteint environ 10 millions d'euros de patrimoine net dans la SPFPL, sous réserve des hypothèses de rendement. Le médecin peut ensuite arbitrer entre transmission via Pacte Dutreil, cession progressive ou consommation via dividendes à la retraite.
Investir comporte des risques notamment de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les hypothèses présentées sont indicatives et ne constituent pas une promesse de rendement.
Limites et points d'attention
La SPFPL n'est pas une solution universelle. Trois limites structurelles imposent une analyse au cas par cas : la rigueur des conditions de contrôle ordinal, les frais récurrents et l'interdiction de salaire direct depuis la SPFPL vers le professionnel.
Conditions strictes de contrôle ordinal
La SPFPL doit respecter en permanence ses conditions de détention. Une cession de parts à un professionnel non en exercice, le décès d'un associé sans transmission immédiate à un confrère, ou la sortie d'un dirigeant peuvent entraîner :
- Le retrait de l'agrément ordinal et l'obligation de régulariser la structure sous 1 à 6 mois.
- La requalification fiscale en société non éligible au régime mère-fille.
- Le rappel des impôts différés (apport-cession) avec pénalités de 40 % et intérêts de retard.
Le suivi par un expert-comptable spécialisé et la révision annuelle des statuts par un avocat fiscaliste sont indispensables.
Frais de gestion comptable et juridique
Les frais récurrents s'élèvent à :
| Poste | Coût annuel indicatif |
|---|---|
| Expert-comptable | 2 500 à 5 000 € |
| Conseil juridique annuel | 1 000 à 2 500 € |
| CFE et cotisations annexes | 500 à 1 500 € |
| Domiciliation et administratif | 500 à 1 200 € |
| Total annuel | 4 500 à 10 200 € |
L'équilibre coût/bénéfice est atteint dès 80 000 à 100 000 € de dividendes annuels remontés. En dessous, les frais absorbent une part trop importante de l'avantage fiscal.
Pas de salaire direct depuis la SPFPL
Le dirigeant de la SPFPL ne peut pas se verser un salaire pour exercer son activité professionnelle, car celle-ci est exercée au sein de la SEL et rémunérée par elle. La SPFPL peut en revanche verser :
- Une rémunération de mandat social pour la gestion de la holding (encadrée, justifiable et raisonnable).
- Des dividendes à ses associés, soumis à la flat tax de 31,4 % au niveau personnel.
- Des management fees facturés à la SEL pour des prestations de gestion réelles (juridique, financière, immobilière).
Cette contrainte limite la SPFPL à un rôle de capitalisation et d'investissement, et non de paiement courant du professionnel.
SPFPL versus autres structures
La SPFPL n'est pas la seule option. Selon le profil et l'horizon, d'autres structures peuvent être plus adaptées. Voici le tableau de comparaison.
| Critère | SPFPL | Holding classique (SAS) | SCI patrimoniale |
|---|---|---|---|
| Profession éligible | Libérales réglementées | Toutes | Toutes |
| Objet social | Détention de titres SEL | Libre | Immobilier |
| Régime mère-fille | Oui | Oui | Non (régime SCI à l'IS) |
| Apport-cession 150-0 B ter | Oui | Oui | Non |
| Pacte Dutreil | Oui (si animatrice) | Oui (si animatrice) | Non |
| Agrément ordinal | Oui | Non | Non |
| Forme privilégiée | SAS | SAS | Société civile |
| Coût annuel | 4 500 à 10 200 € | 4 000 à 10 700 € | 1 500 à 3 500 € |
Pour un médecin ou un avocat qui exerce en libéral, la SPFPL est la seule option permettant de détenir des titres de SEL. Une holding classique en SAS pourrait être utilisée en parallèle pour héberger des participations dans des sociétés non libérales (immobilier locatif, investissements diversifiés), avec une cloison stricte entre les deux véhicules.
FAQ SPFPL
Quelle est la différence entre SPFPL et SELARL ?
La SELARL (Société d'Exercice Libéral À Responsabilité Limitée) est la société dans laquelle le professionnel exerce son activité libérale et facture ses honoraires. La SPFPL est la holding qui détient les titres de la SELARL et qui capitalise les dividendes au régime mère-fille. La SELARL est l'étage opérationnel, la SPFPL est l'étage patrimonial.
Toutes les professions libérales peuvent-elles créer une SPFPL ?
Seules les professions libérales réglementées soumises à un ordre ou à une autorité de contrôle sont éligibles. Cela couvre les professions de santé (médecins, dentistes, pharmaciens, kinésithérapeutes, vétérinaires), les professions juridiques (avocats, notaires, huissiers) et les professions du chiffre et techniques (experts-comptables, commissaires aux comptes, géomètres-experts, architectes). Les professions libérales non réglementées (consultants, coaches, formateurs) doivent passer par une holding classique.
À partir de quel niveau de revenu créer une SPFPL ?
L'équilibre coût/bénéfice est atteint dès 80 000 à 100 000 € de dividendes annuels remontés depuis la SELARL ou SELAS. En dessous, les frais comptables et juridiques de 4 500 à 10 200 € par an absorbent une part trop importante de l'économie fiscale. Au-dessus de 200 000 €, le levier devient très puissant et l'écart se mesure en centaines de milliers d'euros sur 10 ans.
Peut-on cumuler SPFPL et SCI ?
Oui, et c'est même fréquent. La SPFPL détient les titres de la SELARL et capitalise les dividendes de l'activité libérale. Une SCI à l'IS, détenue par la SPFPL ou directement par le professionnel, héberge l'immobilier du cabinet ou des locaux commerciaux. Cette articulation permet d'isoler les risques, d'amortir l'immobilier sur 20-30 ans et de bénéficier de l'exonération IFI sur l'immobilier d'entreprise affecté à l'activité.
La SPFPL est-elle obligatoire pour les médecins libéraux ?
Non, la SPFPL est une option patrimoniale, pas une obligation. Un médecin peut exercer en SELARL ou en SELAS sans interposer de SPFPL et choisir de se distribuer les dividendes directement. La SPFPL devient intéressante quand le professionnel veut capitaliser une part significative de ses bénéfices, préparer une cession ou une transmission, ou diversifier son patrimoine au-delà de l'activité libérale.
Comment articuler SPFPL et assurance-vie luxembourgeoise ?
La SPFPL peut souscrire une assurance-vie luxembourgeoise comme support d'investissement. Elle bénéficie alors du triangle de sécurité luxembourgeois, de l'accès aux fonds dédiés FID et FAS, et d'une fiscalité d'épargne optimisée. Cette combinaison est très utilisée par les professions libérales au-delà de 1 million d'euros de patrimoine financier, en complément d'allocations en private equity et immobilier.
Que se passe-t-il en cas de cessation d'activité ?
Si le professionnel cesse son activité (retraite, changement de carrière), la SPFPL perd progressivement son utilité. Trois options : céder les titres de la SELARL à un confrère et transformer la SPFPL en holding classique, transmettre les titres aux héritiers via Pacte Dutreil, ou dissoudre la SPFPL et liquider les actifs. Chaque option a un impact fiscal important et doit être anticipée 5 à 10 ans avant la cessation.
Conclusion : la SPFPL, brique fiscale incontournable pour les libéraux à fort revenu
La SPFPL est devenue la brique patrimoniale standard pour les médecins, avocats, notaires et experts-comptables qui capitalisent une part significative de leurs bénéfices. Elle reproduit la mécanique de la holding patrimoniale classique avec un cadre déontologique adapté, et donne accès aux mêmes leviers fiscaux : régime mère-fille à 95 %, apport-cession 150-0 B ter, Pacte Dutreil, crédit Lombard.
Pour le médecin radiologue qui transforme 200 000 € de cash dormant en 10 millions d'euros sur 30 ans, comme pour l'avocat qui prépare la cession progressive de son cabinet, la SPFPL est l'outil structurant. Sa puissance vient moins d'un avantage fiscal isolé que de la combinaison capitalisation à l'IS + régime mère-fille + diversification en private equity et opérations LBO + assurance-vie luxembourgeoise.
La rigueur déontologique imposée par les ordres professionnels, les conditions de contrôle et les frais récurrents justifient un accompagnement expert. Pour les patrimoines à partir de 500 000 € d'actifs investissables, Finary One structure ces opérations avec un wealth manager dédié, des partenaires juridiques et fiscaux et une vue patrimoniale 360°.






