

Gestion active ou passive : quelle est la meilleure ?



Mis à jour le 28 juillet 2026
Pour la plupart des investisseurs particuliers, la gestion passive via ETF s'avère plus rentable que la gestion active sur le long terme : la majorité des fonds actifs sous-performent leur indice une fois les frais déduits. Cet article compare les deux approches, frais et performances à l'appui, pour vous aider à trancher.
Faut-il investir en bourse via des ETF en 2026 ? Sur ce terrain, deux écoles s’affrontent : la gestion active et la gestion passive (ETF) depuis plus de 50 ans. Pourtant, l'une est bien plus profitable que l'autre pour votre gestion de patrimoine. Lisez la suite pour découvrir notre verdict sans appel.
Deux salles, deux ambiances
Les fonds actifs sont emmenés par un gérant star dont le rôle est de battre son indice, et de générer de l’alpha pour ses clients. Ces fonds sont commercialisés par des gestionnaires d’actifs qui gèrent des sommes colossales. Mais ce ne sont pas les seuls à emprunter cette voie: lorsque vous achetez des actions individuelles, vous faites également de la gestion active sans le savoir.
Les ETF ont la philosophie inverse: ils partent du postulat que les marchés sont efficients, et cherchent donc uniquement à reproduire la performance de leur indice de référence. Le premier ETF a été lancé en 1993 par State Street, sur une idée de Nathan Most. La gestion indicielle, elle, avait été popularisée dès les années 1970 par John C. Bogle, fondateur de Vanguard, aujourd'hui l'un des plus grands gérants d'actifs au monde avec plus de 11 000 milliards de dollars sous gestion (au 30 septembre 2025). Les investisseurs les achètent principalement via des ETF qui ont l’avantage d’être (relativement) liquides, d’être cotés en continu et donc de s’échanger relativement facilement. Par exemple, un ETF immobilier vous permettra d'investir dans un indice composé de nombreuses entreprises du secteur.

Un fonds actif est-il plus performant qu’un ETF ?
Sur la durée, rarement : une fois les frais déduits, la plupart des fonds actifs ne parviennent pas à dépasser leur indice, et donc l'ETF qui le réplique. Afin de mieux comprendre la différence entre ces deux philosophies, analysons deux fonds qui se comparent au même indice de référence, le MSCI World : Carmignac Portfolio Investissement (gestion active) et un ETF Lyxor MSCI World (ETF).
Et la performance dans tout ça ? Sur de courtes périodes, un fonds actif comme Carmignac peut dépasser son indice, et donc l'ETF qui le réplique. Mais ces surperformances sont rarement durables : c'est sur le long terme que se juge réellement une stratégie d'investissement.
Quelle stratégie est la plus rentable pour vous ?
Afin de trancher, nous allons analyser les performances historiques de ces 2 types de fonds et les comparer. Je ne vais pas tourner autour du pot : les ETF sont largement plus performants. Sur un horizon de cinq ans (à fin 2024), environ 76 % des fonds actions américaines à grande capitalisation ont sous-performé le S&P 500, selon le SPIVA U.S. Scorecard de S&P Dow Jones Indices. Même constat lorsque l’on regarde sur un horizon ou des géographies différentes (Europe, Asie, etc).
Il y a plusieurs raisons à cette débâcle:
- Les marchés sont imprévisibles : Vous connaissez quelqu’un qui prédisait le COVID en 2019 ? Pour battre son indice de façon régulière, il faudrait devenir Nostradamus et avoir la capacité de prédire le futur sans discontinuer pendant des années. Sur le long terme, la performance des gérants est presque complètement aléatoire.
- Les frais : Regardez la différence de frais entre le fonds actif de Carmignac et l’ETF Lyxor. Cette différence signifie que pour battre leur indice et être plus rentable qu’un fonds passif, les fonds actifs doivent surperformer le marché au minimum à hauteur de ces frais. De plus, vu qu’ils prennent des positions, ils ont des coûts transactionnels (trading) importants qui viennent aussi impacter négativement leurs performances. “Performance comes and goes, expenses are forever”.
- Les actifs sous gestion : Les gérants qui battent leurs indices tous les ans ont un problème de luxe: ils attirent beaucoup de nouveaux investisseurs. Plus ils sont bons, plus leurs actifs sous gestion gonflent. Ils se retrouvent à devoir déployer des sommes de plus en plus importantes ce qui limite leurs possibilités. En effet, lorsque les gérants achètent/vendent des titres, leurs ordres massifs vont faire bouger les marchés et ils vont sur-payer (ou mal vendre) leurs titres. Cela va même les empêcher d’acheter certains titres dont la capitalisation boursière est trop faible, les privant d’opportunités. Bref, ils deviennent des géants aux pieds d’argiles.
Une histoire de probabilité
Si vous décidez d’investir dans un fonds actif, vous avez environ trois chances sur quatre de choisir un fonds qui fera moins bien que son indice. Aussi, la prochaine fois que vous voyez un fonds qui se vante de sa performance absolue, regardez sa performance relative. Facile de faire +20% lorsque votre indice de référence a fait +30% sur la même période. Quand la marée monte, tous les bateaux montent avec elle…
Si nous reprenons notre fonds Carmignac, rien ne garantit que le fonds continuera à battre son indice de marché. Si vous souhaitez investir dans un marché, le plus simple est d’acheter un ETF qui réplique l’indice de référence de ce dernier, idéalement via votre PEA ou Assurance vie afin de limiter l'imposition sur la plus-value. Des applications comme Finary permettent par ailleurs de suivre la performance de son portefeuille d'ETF au même endroit, tous courtiers confondus. Bizarrement, beaucoup de conseillers patrimoniaux vous poussent à aller vers la gestion active. La raison ? Ils encaissent une partie des frais très importants que vous allez payer. La gestion passive ne les intéresse pas car elle est low-cost, et personne ne paye des commissions. Fuyez ces conseillers.
Questions fréquentes
La gestion passive est-elle toujours meilleure que la gestion active ?
Sur le long terme, la gestion passive l'emporte le plus souvent : environ trois fonds actifs américains à grande capitalisation sur quatre ont sous-performé le S&P 500 sur cinq ans (SPIVA, fin 2024). Quelques gérants battent leur indice, mais rarement de façon durable.
Peut-on loger des ETF dans un PEA ou une assurance-vie ?
Oui. De nombreux ETF actions européennes ou à réplication synthétique sont éligibles au PEA, et la plupart des contrats d'assurance-vie proposent des ETF en unités de compte. Ces enveloppes permettent de réduire l'imposition sur les plus-values après quelques années de détention.
Pourquoi les fonds actifs coûtent-ils plus cher que les ETF ?
Les fonds actifs rémunèrent une équipe de gérants et d'analystes, facturent souvent des frais d'entrée et une commission de surperformance, et supportent des coûts de transaction élevés. Un ETF se contente de répliquer un indice, ce qui réduit fortement ses frais de gestion.
Un ETF comporte-t-il un risque de perte en capital ?
Oui. Un ETF suit son indice à la hausse comme à la baisse : en cas de repli des marchés, sa valeur diminue. Investir en ETF actions comporte un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Sources
S&P Dow Jones Indices, SPIVA U.S. Scorecard : performance des fonds actifs vs indices
State Street, histoire du premier ETF (SPY, Nathan Most, 1993)
ADV Ratings, encours sous gestion de Vanguard
Carmignac Portfolio Investissement, frais et caractéristiques (DIC)







