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25/9/2026

PER du dirigeant : combien déduire, et comment sortir sans mauvaise surprise ?

PER du dirigeant : déduction et sortie | Finary

Mis à jour le 25 septembre 2026.

Un dirigeant déduit ses versements PER dans l'une de deux enveloppes selon son statut : le travailleur non salarié sur son bénéfice (art. 154 bis, plafond « 10 % + 15 % »), le dirigeant assimilé salarié sur son revenu global (art. 163 quatervicies, plafond « 10 % / 10 % du PASS »). À la sortie en capital, ce qui a été déduit revient au barème de l'impôt sur le revenu, et les gains à la flat tax de 31,4 % : le PER diffère l'impôt, il ne l'efface pas.

Risque. Investir comporte des risques, notamment de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni un conseil juridique ou fiscal. Le chiffrage de vos plafonds de déduction et le choix de la forme de sortie relèvent de votre expert-comptable et, le cas échéant, de votre avocat fiscaliste. La fiscalité peut évoluer.
L'essentiel
  • Le dirigeant TNS déduit ses versements de son bénéfice via l'art. 154 bis, plafond « 10 % + 15 % », en principe plus large pour les bénéfices élevés (CGI art. 154 bis).
  • Le dirigeant assimilé salarié déduit de son revenu global via l'art. 163 quatervicies, plafond « 10 % / 10 % du PASS », dont la fraction non utilisée est désormais reportable sur cinq ans (CGI art. 163 quatervicies, I-2-b, modifié par l'art. 10 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026).
  • Les avantages fiscaux d'entrée, déduction comme exonération, ne s'appliquent plus aux versements effectués à compter du jour du 70e anniversaire (loi de finances pour 2026).
  • L'arbitrage décisif est le taux marginal d'imposition : on déduit à l'entrée au taux le plus haut, on sort quand il est plus bas.
  • Sortie en capital sur versements déduits : barème sans abattement de 10 % sur les versements, flat tax de 31,4 % sur les gains (CGI art. 158, 5-b quinquies).
  • Sortie en rente sur versements déduits : régime des pensions avec abattement de 10 %, puis CSG à 9,2 % (dont 6,8 % déductible) et CRDS à 0,5 % au titre des revenus de remplacement (CGI art. 79 et 158, 5-a ; CSS art. L.136-8).

Combien un dirigeant peut-il déduire de son PER ?

Le jour où son expert-comptable lui montre la ligne, Marc, 54 ans, gérant d'une PME rentable, comprend qu'il a laissé dormir trois années de plafond. Chaque euro versé sur son PER aurait effacé un euro imposé dans sa tranche à 41 %. Il n'avait pas versé, faute d'avoir tranché une question simple : par quelle porte déduire.

Un dirigeant a deux enveloppes, et une seule s'ouvre à la fois pour un même versement. Le choix dépend du statut.

Le plafond du dirigeant travailleur non salarié

Le dirigeant travailleur non salarié (gérant majoritaire de SARL, entrepreneur individuel, profession libérale) déduit ses versements PER de son bénéfice imposable, dans la limite la plus élevée entre deux calculs : 10 % du bénéfice retenu dans la limite de 8 PASS, majoré de 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS, ou bien 10 % du PASS. C'est l'ancien cadre Madelin, désormais logé sur le PER. La tranche supplémentaire de 15 % rend ce plafond structurellement plus large pour les hauts bénéfices.

Le plafond du dirigeant assimilé salarié

Le dirigeant assimilé salarié (président de SAS ou SASU, gérant minoritaire de SARL) relève de l'art. 163 quatervicies : il déduit de son revenu net global, dans la limite la plus élevée entre 10 % de ses revenus d'activité de l'année précédente retenus dans la limite de 8 PASS, ou 10 % du PASS.

  • Le plafond non consommé se reporte désormais sur les cinq années suivantes, et non plus trois : depuis l'imposition des revenus 2026, l'art. 163 quatervicies, I-2-b, modifié par l'art. 10 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026, cale le PER sur le mécanisme qui prévalait pour le Perp.
  • Une nuance à connaître, parce qu'elle se joue à l'année près : la fraction non utilisée des plafonds antérieurs à 2026 reste soumise à l'ancien délai de trois ans, donc reportable jusqu'en 2027 pour un plafond 2024 et jusqu'en 2028 pour un plafond 2025.
  • Un couple marié ou pacsé peut par ailleurs mutualiser ses deux plafonds.

La limite d'âge de 70 ans

Après 70 ans, la porte de l'avantage d'entrée se referme. La loi de finances pour 2026 fait du seuil d'âge de 70 ans la nouvelle frontière de tous les avantages fiscaux d'entrée du PER, déduction comme exonération : ils ne s'appliquent plus aux versements effectués à compter du jour du 70e anniversaire (loi de finances pour 2026).

Le dirigeant TNS et le dirigeant assimilé salarié sont concernés de la même manière. Pour celui qui prolonge son activité au-delà de cet âge, la conséquence est directe : les versements que l'on veut déduire se calent avant cette date, sinon l'avantage à l'entrée disparaît sans que la fiscalité de sortie, elle, s'allège.

La règle de non-cumul entre les deux enveloppes

On ne déduit jamais deux fois. Le même versement volontaire s'impute sur l'une des deux enveloppes, pas les deux : l'art. 163 quatervicies ne vise que les versements non déjà déduits au titre de l'art. 154 bis. Le TNS choisit donc sa porte, le plus souvent l'enveloppe professionnelle, plus capacitaire grâce à la tranche de 15 %.

Tous ces plafonds s'expriment en multiples du PASS, dont la valeur en euros est fixée chaque année par arrêté : votre expert-comptable la cale sur l'année du versement. Ouvrir plusieurs PER ne change rien à ce plafond, qui reste global au niveau du foyer fiscal, comme le rappelle notre article sur le fait de détenir plusieurs PER.

Vos plafonds de déduction sont-ils vraiment utilisés ?
Choisir la bonne enveloppe de déduction et caler le montant sur vos plafonds réels engage plusieurs années d'impôt. Un gestionnaire privé Finary One lit votre situation de dirigeant et coordonne le chiffrage avec votre expert-comptable.
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PER : faut-il vraiment déduire à l'entrée ?

Déduire n'est pas toujours le bon réflexe, et c'est le point que presque personne ne calcule correctement. L'intérêt du PER se joue sur un seul écart : votre taux marginal d'imposition au moment où vous déduisez, comparé à celui du jour où vous sortez en capital sur la part des versements. Vous déduisez au taux le plus haut, vous sortez au taux le plus bas, et le différentiel est le vrai gain, en plus de la capitalisation de l'économie d'impôt.

Situation du dirigeantTMI à l'entrée (déduction)TMI à la sortie (capital, part versements)Lecture
En pleine activité, revenus plus faibles à la retraite41 % ou 45 %30 % ou moinsFavorable : le différentiel de taux est le gain principal.
Taux stable entre activité et retraite30 %30 %Avantage limité au différé et à la capitalisation de l'économie d'impôt ; les gains subissent la flat tax à la sortie.
Revenus faibles à l'entrée, plus élevés à la sortie11 %30 %Défavorable en déduction : l'option de non-déduction est à étudier.

Exemple illustratif de lecture de l'arbitrage. Le chiffrage dépend de votre situation ; source : CGI art. 163 quatervicies et doctrine BOFiP.

La règle de fond tient en une phrase, reprise par Mounir Laggoune dans son livre Investir pour être libre : « Versez sur votre PER si votre TMI est supérieur ou égal à 30 %, et que vous êtes à l'aise avec la durée de blocage des fonds. »

En dessous, la déduction rapporte peu et peut même se retourner contre vous si vos revenus remontent à la retraite.

À savoir. L'option de non-déduction inverse la logique : vous renoncez à l'avantage fiscal à l'entrée, mais les versements ressortent en franchise d'impôt sur le revenu à la sortie, seuls les gains restant taxés.

Comment sort-on d'un PER sans mauvaise surprise ?

La sortie du PER n'est pas défiscalisée, et c'est l'idée reçue la plus coûteuse. Ce qui a été déduit à l'entrée est repris à la sortie : le PER décale l'impôt dans le temps, il ne l'annule pas. La facture dépend de deux choix, la forme de sortie et l'option prise à l'entrée.

Sortie en capital

En capital, sur des versements déduits, deux régimes se superposent.

Origine des versementsPart versementsPart produits (gains)
Versements déduitsBarème progressif de l'impôt sur le revenu, sans l'abattement de 10 % réservé aux pensions (CGI art. 158, 5-b quinquies-1°)Flat tax de 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), ou sur option au barème
Versements non déduits (option exercée à l'entrée)Franchise d'impôt sur le revenuFlat tax de 31,4 %

Rien n'échappe donc à l'impôt sur les versements déduits, mais l'avantage tient au différentiel de taux et aux années de capitalisation gagnées. Pour les versements non déduits, c'est le miroir de l'arbitrage vu plus haut : seuls les produits restent taxés.

Sortie en rente

En rente, la fiscalité change de régime, et l'abattement de 10 % réapparaît.

Origine des versementsRégime fiscalRégime social
Versements déduits ou obligatoires (rente viagère à titre gratuit)Barème progressif après l'abattement de 10 % propre aux pensions (CGI art. 79 et 158, 5-a)CSG à 9,2 % (dont 6,8 % déductible) et CRDS à 0,5 %, au titre des revenus de remplacement, sans contributions sociales sur produits de placement (CSS art. L.136-8)
Versements non déduits (rente viagère à titre onéreux)Seule une fraction est imposable, déterminée selon l'âge à l'entrée en jouissance (CGI art. 158, 6)Prélèvements sociaux au taux général, porté de 17,2 % à 18,6 % en 2026, sur la fraction imposable (CSS art. L.136-7)

C'est la différence de traitement à ne pas confondre : la sortie en capital sur versements déduits est, elle, explicitement privée de l'abattement de 10 % (CGI art. 158, 5-b quinquies-1°). Deux rentes servies par le même contrat, deux assiettes sociales différentes.

Notre article sur la fiscalité du PER détaille chaque cas. Pour un dirigeant aisé, l'articulation du PER avec ses autres enveloppes se pense globalement, comme dans notre analyse du combo PER, assurance-vie luxembourgeoise et crédit lombard.

Peut-on débloquer un PER avant la retraite ?

Oui, mais seulement dans huit cas limitativement énumérés par la loi. L'épargne est bloquée jusqu'à la liquidation de la retraite, sauf :

  • Décès du conjoint ou du partenaire de PACS.
  • Invalidité du titulaire, de ses enfants ou de son conjoint.
  • Affection grave, handicap ou accident d'une particulière gravité d'un enfant à charge, un cas nouveau ajouté en 2026.
  • Surendettement.
  • Expiration des droits au chômage.
  • Cessation d'activité non salariée sur liquidation judiciaire.
  • Acquisition de la résidence principale.
  • Titulaire mineur.

La fiscalité de sortie dépend du motif, et c'est là que se cache le piège. Les cas dits « accidents de la vie », du décès du conjoint à la liquidation judiciaire du non-salarié, sont exonérés d'impôt sur le revenu sur les versements comme sur les gains ; seuls des prélèvements sociaux frappent les produits.

Le déblocage pour acheter sa résidence principale, lui, n'est pas exonéré : il est imposé comme une sortie à l'échéance, barème sur les versements déduits et flat tax sur les gains. Il n'est d'ailleurs pas ouvert aux droits issus des versements obligatoires. Notre article dédié au déblocage anticipé du PER reprend chaque situation.

À savoir. Le mandataire social sans contrat de travail ni mandat depuis au moins deux ans peut débloquer son PER avant la liquidation de la retraite : un cas de déblocage anticipé qui intéresse particulièrement les dirigeants, entre la fin d'un mandat et la retraite.

Comment Finary One accompagne le dirigeant

Les erreurs les plus chères ne font aucun bruit. Trois plafonds de déduction laissés filer jusqu'à l'expiration de leur report, une sortie en capital déclenchée l'année d'un revenu élevé, un versement effectué deux mois après le 70e anniversaire : aucune ne se voit sur le moment, toutes se paient plus tard, souvent quand il est trop tard pour corriger. Le calcul, lui, est de l'arithmétique ; c'est la mise en œuvre, année après année, qui est un métier.

C'est le rôle du gestionnaire privé Finary One. Le point de départ est un diagnostic complet de votre patrimoine, qui n'est pas facturé et n'engage à rien, sur les trois plans qui comptent pour un dirigeant : la protection (clause bénéficiaire, régime matrimonial, prévoyance), la structuration (holding, apport-cession, articulation pro et perso) et les enveloppes d'investissement (assurance-vie, PEA, contrats de capitalisation).

Vos droits PER déjà constitués sont lus dans cet ensemble, en cohérence avec le reste du patrimoine. Le gestionnaire privé pilote la discussion entre vous, votre expert-comptable, votre notaire et votre avocat fiscaliste : il coordonne, il ne remplace personne. Vous pouvez en discuter directement avec un gestionnaire privé Finary One.

Votre PER de dirigeant, calibré à votre situation
Un gestionnaire privé Finary One relie votre déduction, vos plafonds reportables et votre sortie dans une seule lecture, coordonnée avec vos conseils.
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Questions fréquentes

Un dirigeant TNS et un dirigeant assimilé salarié ont-ils le même plafond de déduction ?

Non. Le travailleur non salarié déduit de son bénéfice via l'art. 154 bis, avec un plafond « 10 % + 15 % » en général plus large. Le dirigeant assimilé salarié déduit de son revenu global via l'art. 163 quatervicies, plafond « 10 % / 10 % du PASS ». Le choix de l'enveloppe relève de l'expert-comptable.

La sortie du PER en capital est-elle défiscalisée ?

Non. La fraction correspondant aux versements déduits à l'entrée est réintégrée au revenu et imposée au barème de l'impôt sur le revenu, sans l'abattement de 10 % des pensions. Les gains sont imposés à la flat tax de 31,4 %. Le PER diffère l'impôt, il ne l'efface pas.

La rente issue d'un PER bénéficie-t-elle de l'abattement de 10 % ?

Oui, lorsqu'elle provient de versements déduits : elle est imposée comme une rente viagère à titre gratuit, dans la catégorie des pensions de retraite, donc au barème après l'abattement de 10 % (CGI art. 79 et 158, 5-a). C'est ce que la sortie en capital sur versements déduits n'a pas. Socialement, cette rente relève des revenus de remplacement : CSG à 9,2 % dont 6,8 % déductible, et CRDS à 0,5 % (CSS art. L.136-8), sans contributions sociales sur produits de placement, à la différence de la rente issue de versements non déduits.

Pendant combien d'années un plafond de déduction PER non utilisé reste-t-il reportable ?

Cinq ans depuis l'imposition des revenus 2026 : la fraction non consommée d'une année peut être utilisée au cours des cinq années suivantes (CGI art. 163 quatervicies, I-2-b, modifié par l'art. 10 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026). Les plafonds antérieurs à 2026 restent soumis à l'ancien délai de trois ans, donc reportables jusqu'en 2027 pour un plafond 2024 et jusqu'en 2028 pour un plafond 2025.

Peut-on encore déduire ses versements PER après 70 ans ?

Non pour les versements effectués à compter du jour du 70e anniversaire : la loi de finances pour 2026 fait de ce seuil la frontière de tous les avantages fiscaux d'entrée du PER, déduction comme exonération. La règle vise le dirigeant TNS comme le dirigeant assimilé salarié. Un dirigeant qui poursuit son activité au-delà de cet âge cale donc ses versements déductibles avant cette date.

Peut-on débloquer son PER pour acheter sa résidence principale ?

Oui, l'acquisition de la résidence principale fait partie des cas de déblocage anticipé. Mais à la différence des accidents de la vie, ce déblocage n'est pas exonéré : il est imposé comme une sortie à l'échéance, barème sur les versements déduits et flat tax sur les gains. Il est fermé aux versements obligatoires.

Sources

  • CSS art. L.136-8 (CSG sur les revenus de remplacement : 9,2 % dont 6,8 % déductible, CRDS 0,5 %) et CSS art. L.136-7 (prélèvements sociaux sur produits de placement, taux général porté à 18,6 % en 2026, applicables à la fraction imposable de la rente viagère à titre onéreux) : Légifrance, Code de la sécurité sociale.
  • Loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 10 (report du plafond PER porté à 5 ans, maintien du délai de 3 ans pour les plafonds antérieurs à 2026) et loi de finances pour 2026 (seuil d'âge de 70 ans applicable aux avantages fiscaux d'entrée du PER) : Légifrance, textes consolidés.

Avertissements réglementaires :

Communication à caractère promotionnel. L'investissement comporte un risque de perte en capital, partielle ou totale. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Cet article a un caractère informatif et pédagogique ; il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d'achat ou de vente, ni un conseil fiscal.

La garantie en capital des fonds en euros est apportée par l'assureur et dépend de sa solidité financière. En cas de crise systémique grave, la loi Sapin 2 permet de limiter temporairement les retraits (liquidité), sans remettre en cause le capital garanti. Les unités de compte ne sont pas garanties et présentent un risque de perte en capital.

Avant tout investissement, consultez le Document d'Informations Clés (DIC) et, le cas échéant, un conseiller habilité.

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The Finary Team